l’Homosexualité en Tunisie, vue d’ensemble et prochaine étapes


Article par Admine page: Association Gay et Lesbiennes LGBTT (Tunsie)

I Support Homosexuality

Personne n’a eu le courage d’aborder le sujet de l’homosexualité puisque c’est déjà une affaire classée pour certains : c’est un pêché. Mais si on prend le risque de s’aventurer dans ce monde là, on va découvrir toutes sortes de choses. Et c’est ce que j’ai fait. J’ai entrepris un voyage long et périlleux en naviguant sur facebook. Cela n’a pas été facile d’avoir des témoignages de certains gays refoulés de la société. L’autre est une menace pour eux s’il découvre sa véritable identité. L’ombre est un refuge et la toile est un lieu saint.

Les trois témoignages que je vais vous raconter sont différents l’un à l’autre. Chacun d’entre eux va nous rapporter son point de vue sur la question, le 1èr déclic, les difficultés qu’ils ont connus et leurs espérances.

Dhia 23 ans administrateur de la page facebook « gay fi tariq tawba » m’a raconté son histoire : « Personne n’est au courant que je suis gay. J’ai su que j’étais homo dès l’adolescence. J’imaginais mes amis garçons nus. Puis, dès l’âge de la puberté aucune fille ne m’attirait je ne désirais que les garçons. J’ai parcourus des centaines de pages dans le net à la recherche de réponses à mes questions dans les sites de rencontres et les sites de pornos. Mais il y avait quelque chose en moi qui n’arrêtait pas de me dire que ce n’étais pas bien ce que je faisais. Et n’oublions pas qu’il est difficile d’afficher sa sexualité en Tunisie. Notre société est très homophobe, puisqu’elle est « hétéro centré ». Alors c’est difficile qu’une relation puisse marcher ici ou même ailleurs, en Europe par exemple surtout qu’une relation homo n’évolue pas ! Voilà pourquoi, je considère l’homosexualité comme un problème psychique et non une maladie comme le pense certains. ET pour enlever cette anomalie, je me suis consacré à la religion à essayer de m’approcher de Dieu. C’est pourquoi, j’ai décidé de créer cette page pour pouvoir partagé avec tous ceux qui désirent ressentir cette sensation que je ressens en ce moment. Je désire me marier mais le chemin est encore très loin».

Ce témoignage m’a fait réfléchir sur la position des homosexuels dans la société tunisienne c’est-à-dire les combats qu’ils ont du faire face : le regard de la société de la religion et vis-à-vis d’eux même. Jouer le jeu n’est donc pas facile. Mais malheureusement, certains craquent à la fin et finissent par périr, c’est ce que m’affirment Sam et ” was born this way ” administrateurs de la page Association LGBT de Tunisie sur Facebook, âgés de 19 ans, qui ont préféré garder l’anonymat « on sent vraiment que la douleur a atteint son pic chez les homosexuels tunisiens et surtout chez les adolescents qui les poussent même à avoir des intentions suicidaires qui n’est qu’une des raisons à devoir tirer la sonnette d’alarme. Ils nécessitent une aide un encadrement et non pas un qui leur dirait qu’être gay est mal, ce qui renforcerait d’avantage leur culpabilité. Je ne trouve pas qu’il y a un remède à l’homosexualité car il n’existe aucune maladie seul les homophobes disent le contraire et les témoignages de ceux qui ont guéris ne sont que des mensonges ou des effets placebo. Ceci doit être accepté et affirmée en soi même pas pour autant divulguée mais juste accepté en tant que part de nous-mêmes. D’autant plus, après des recherches psychologiques.

l’homosexualité a été ôtée de la liste des maladies mentales et ceci depuis les années 90 ». Je leurs ai demandé ensuite de me raconter les souffrances et les joies de ses jeunes et voilà ce que j’ai eu : « En ce qui concerne des témoignages, il y en a beaucoup certains dramatiques d’autres inspirent de l’espoir. Comme celui d’un jeune d’environ 24 ans qui était très victime de l’homophobie de la haine et de l’hostilité qu’elle procure et on le voit d’après ce qu’il écrit qu’il évolue. Avant, il se soumettait à ses voisins les jeunes machos du quartier. Puis il a cassé ces chaines s’affirmant en tant qu’ouvertement homosexuel bien qu’il ne soit pas efféminé pour que cela soit remarquable. Après qu’il s’est ouvert, il a découvert par des aveux qu’un des garçons de la bande était secrètement amoureux de lui et que les autres le suivaient juste car l’homophobie est perçue comme une réaction des plus normales et parfois comme une arme pour cacher et refouler son homosexualité. On trouve aussi les témoignages dramatiques d’un ado qui a été mis par ses propres parents dans un asile de fou ! Les cas sont variés mais on espère les faire connaitre afin de montrer à la société ce qu’elle fait de nous. » Le but de cette association est « de sensibiliser les facebookers notre point de vue et que l’obligation de militer pour notre droit ne devrait plus attendre. Nous voulons aussi éclaircir certains points avec des internautes homophobes ou encore sans opinion concernant l’homosexualité. Nous espérons rassembler le maximum possible de fonds afin de bien bâtir cette association sur des fondements solides même rémunérés avec notre argent personnel. En ce qui concerne d’un pourcentage exacte, cela est impossible à fournir car pour les plus discret nous vivons dans l’ombre et notre homosexualité n’est que révélé de bouche à oreille et rare sont ceux qui la révèle. Mais sur internet, tout s’éclaircit. Avec un groupe de jeune qu’on connaît, nous essayons de rassembler le plus de personnes via d’autres pages facebook. » Puis, ils firent quelques révélations assez choquantes. Je ne peux en aucun cas dire si c’est la pure vérité mais je vais quand même vous dire ce qu’ils m’ont dit après vous pourrez juger par vous-même. « Un internaute a publié un article d’une source officielle et fiable d’un magazine qui a lancé l’info qu’un des députés dans la Haute instance pour la réalisation des objectifs de la révolution de la réforme politique et de la transition démocratique viens d’exploser une vrai bombe au sein d’un rassemblement en demandant que l’homosexualité devrait être dépénalisée en Tunisie. » Voilà pourquoi, nous n’avons jamais assisté à une marche de fierté connu sous le nom de la gay-pride. Voilà pourquoi, certains se voient obliger de quitter le pays pour vivre normalement leur sexualité sans aucune souffrance ni crainte. Bon pour ceux qui ne sont pas au courant qu’il existe une loi dans le Code Pénal l’article 230 de 1930 qui prévoit jusqu’à 3 ans de prison pour sodomie entre adultes consentants. Aussi, ils ont ajouté que «presque la moitié des homosexuels refoulés ou des homosexuels qui ont un sens de culpabilité à cause de la religion, adhèrent à ennahdha. Depuis sa venue, elle a rassemblé presque la moitié des homosexuels ! ». Place à la coexistence alors ?!

Ceci dit, certaines personnes ont eu la chance de vivre dans un environnement « saint » où sa sortie du placard a été accepté c’est ce que m’a raconté Lalou une jeune tunisienne qui vit en ce moment à Amman « c’est à l’âge de 8 ans que j’ai su que j’étais différente des autres. J’étais attiré par une fille plus âgée que moi de 3 ans. J’étais folle d’elle au point que j’écrivais des poèmes sur elle. Mais je ne lui ai jamais avoué mes sentiments. Je n’étais pas consciente de la position de notre religion vis-à-vis de l’homosexualité. J’étais tout le temps galante avec les filles je les aidées du mieux que je pouvais. Bref, je faisais et réagissait comme un homme. Mais dès l’âge de 10 ans, je me suis vite cachée dans le placard dès que j’ai su qu’être homo est un péché. Un an plus tard, nous avons déménagé au Canada et c’est là que j’ai commencé à sortir avec des filles plus âgées que moi. Mais je me suis repentie et j’ai tout arrêté essayant de sortir avec des hommes. Malheureusement, je n’ai pas pu. Et c’est donc dès l’âge de 16 ans que j’ai assumé ma sexualité. Par la suite j’ai choisi de ne rien dire à mon entourage. Je faisais des aventures. C’étais comme si j’avais deux masques : le 1èr était dédié à ma famille & mes amis et l’autre la vrai moi. C’est après mon bac que j’ai révélé mon identité à mon entourage. Mais mes amis en Tunisie ne connaissent pas la vérité. Mon coming-out n’était pas difficile puisque dès mon entrée à l’université, j’avais révélé ma sexualité à tout mes amis et ils m’ont accepté comme je suis. Cependant, j’ai perdu quelques amis dès l’annonce de la nouvelle. Je reçois toujours beaucoup d’insultes, beaucoup de commentaires dégoûtants, beaucoup de combats, on m’a même poursuit comme un animal à partir d’un endroit à un autre. Mais je suppose que maintenant, j’ai une certaine protection autour de moi et j’essaie de mon mieux de négliger le reste et d’être patiente avec eux et, surtout, d’être bien à ceux qui m’ont accepté telle que je suis.

En Tunisie, je ne suis toujours pas sortie complètement de mon placard avec mes amis parce qu’ils sont le plus souvent homophobes. Ma famille aussi n’est toujours pas au courant. En ce qui concerne sur la question d’une association, je pense que nous devons nous rassembler, demander de l’aide aux organisations internationales LGBT et que le gouvernement nous permettent d’ouvrir un petit bureau où on pourra écouter ceux qui veulent parler, aider ceux qui sont confus et désespérés parce que dans tous les coins du monde, il y a eu et il y a encore ces histoires dans lesquelles un jeune homme ou une jeune femme tue son auto anonyme et la plupart d’entre eux en raison de la solitude et de n’avoir personne à qui parler de leur orientation sexuelle . C’est ce que je souhaite vraiment que nous aurions un lieu où l’en se sentirait en sécurité. L’acceptation viendra plus tard. Pour ce qui est de la société, nous devons leur faire comprendre que nous sommes ici, nous sommes beaucoup, nous vivons nos vies comme tout le monde, nous sommes comme vous, nous voulons les mêmes choses que vous faites, nous ne sont pas malades, nous sommes des êtres humains comme tout le monde. Nous voulons juste vivre visiblement parmi les gens et d’être nous-mêmes chaque fois avec qui que nous soyons avec. Nous devons donner une bonne impression que nous ne sommes pas pervers, ni malade comme certains d’entre eux disent».

Voilà une bonne leçon que nous donne cette jeune tunisienne. Il y a un problème de mentalité! Pour que notre chère Tunisie puisse respirer l’air pur, il faudrait avant tout commencer à enlever ces mauvaises herbes implantés dans le cerveau du tunisien et essayer de tisser un lien avec l’autre, explorer l’inconnu et de ne pas rendre les choses plus difficile qu’elles ne le sont déjà.

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